lundi, octobre 24, 2005

Ivan Rioufol

Ivan Rioufol, je l'aime bien.

Je sais c'est un peu bizarre de dire ça. C'est comme de dire que je pourrais voter UMP (en la personne de Nicolas Dupont-Aignan). C'est un peu comme si un communiste embrassait une photo de Rivarol ou si Himmler dansait la gigue avec Trotsky.
(heu je reviendrais sur Dupont-Aignan après)

Ivan rioufol pour ceux qui ne le connaissent pas est un fou furieux de la pire espèce. Il tient un bloc note dans le Figaro (le bon journal du capitalisme hystérique de grand-papa qui sent bon les avions de guerre. Ca fait du bien, hein ?). Ivan Rioufol n'a rien pour me plaire.
Il est antifrançais, pro-bush, ultimalibéral (je cherchais pire qu'ultra), borné, optus, vaguement raciste, c'est une sorte de bouffon mordeur dans une cour dont le roy serait Sarkozy. Il a des chemises laides.

Mais je l'aime bien. Je l'aime bien parce qu'il est fou. Fou à lier, vraiment. Ce n'est pas une excuse que je lui trouve : j'en suis certain (en fait si c'est la seule excuse qu'on puisse lui trouver). Ivan Rioufol prétend qu'en Irak c'est le paradis, que la France est moins écoutée que le Swaziland, que le libéralisme apporte un bonheur universel et absolu. Il est persuadé qu'on le persécute. Il est persuadé que la France est ratissée par des hordes d'islamistes fou furieux.
Il est persuadé que la majorité des français sont sarkozystes (et ce faisant il avance le chiffre le 31%. Fou, je vous dit).
Plus aveuglé que le gauchiste moyen des années 50 par Staline, plus libéro-fanatisé que tous les cadres de Corée du Sud réunis. Il est tellement aigri, hystérique et ridicule qu'il en devient attachant. Quand il pond sa rubrique de psychopathe, on entend presque les fusibles péter à distance. On entend presque le mode "aveuglement" se mettre bruyamment à ventiler dans sa boîte crânienne.
Et finalement ça le rend presque sympa. Beaucoup plus que les autrres Bushistes aigris français.

En fait j'aime bien les fous furieux qui s'énervent tout seul dans le coin.

Je parlais de Dupont-Aignan. Il est génial lui. Le rebelle de l'UMP, avec ses lunettes de premier de la classe, sa chemise boutonnée un peu plus que jusqu'en haut et sa raie de côté. Le ptototype du gars qui se fait taper à l'école.
Comme on l'a beaucoup tapé à l'école, NDA est devenu un rebelle underground (enfin à l'UMP quand même, faut pas déconner...). Il est celui qui était contre Sarkozy et s'est présenté contre lui à l'UMP.
Il était pour le NON, au nom de choses très nébuleuses et incompréhensible (NDA a toujours des arguments étranges, incompréhensibles et confus, matinés de "Mais les Français ne veulent plus que ça se passe comme ça").
Il veut se présenter à la Présidence de France, alors qu'il fera vraisemblablement moins de voix qu'un éventuel candidat PRG.
Il anime un club quasi clandestin tellement tout le monde s'en fout "Debout la République !"
Comment voulez vous qu'un mec qui cherche à se point à exister ne devienne pas sympa ?

Soyons clairs : je ne parle pas d'idées. Je parle de gens qui sont assez barrés pour vivre leur trip à fond alors que l'humanité entière ricane dan leur dos. On vit une époque sans héros, reste les pistoléros. Les couillus. Les hurleurs solitaires à la lune.
Il y en a d'autres.
Il y a ce Jérôme qui a été chanter Pegasus Fantasy à la Nouvelle Star (et qui a écrit des poèmes sur les Shot them up)
Il y a cet allemand qui a réalisé un film (il y a quelques années) en noir et blanc avec une seule actrice qui parlait à des ombres projeté dans un seul décor : sa chambre.
Il y a Blair, pas le politicien, le chanteur qui continue de croupir dans un injuste anonymat avec son Peuple de Gauche.
Il y a V... au collège et au lycée, qui tenta jusqu'à la fin de nous faire croire qu'il avait (je cite) "dix PC et dix huit imprimantes".
Il y a ce type bizarre dans ma promo qui étudie l'acclimatation de plantes exotiques au 18è siècle.

Les exemple ne manquent pas.
C'est beau.